jeudi 20 mars 2008

Texte de Lise en réaction à l'exposition Regard-Caméra

PORTRAIT DE L'ARTISTE EN SPECTATEUR




Première impression, si c'est une exposition sur le regard vers l'extérieur, pourquoi n'y a t'il pas de fenêtre ? Or les œuvres des artistes deviennent elle-même des ouvertures vers l'extérieur. Se sont à travers leurs dessins, leurs photos, leur caméra ( viseur ) que nous voyions leur vision du monde.


Je suis en générale très dubitative face à l'art contemporain, cette impression a d'ailleurs été accentuée par le première œuvre que j'ai vu : le gribouillis de Closky sur une feuille A4. Après la lecture de la brochure, ma vision s'ouvre un peu et je me force à essayer de comprendre cette œuvre, apparemment l'artiste a voulu montrer l'absurdité qui nous force à trouver toute logique. Même si à la seconde impression je comprends un peu mieux le concept de l'artiste, je n'adhère pas.


Tout au contraire, l'œuvre de Elise Florenty me semble un film plus réfléchis et travaillé. Il nous montre le mouvement ininterrompu d'un balançoire publique à travers sa fenêtre. Outre le fait que l'on voit les différentes utilisation de la balançoire au fur et à mesure des saisons ( que l'on identifie grâce aux feuilles des arbres qui finissent par couvrir tout l'écran ) j'ai trouvé à cette séquence vidéo un véritable intérêt dans l'idée du montage.
La balançoire ne s'arrête jamais.
L'artiste monte son film d'un telle façon que parfois les enfants qui jouent ne sont que des fantômes , mais l'acteur principale de cette vidéo EST la balançoire. Quand il y a une coupure entre les séquence, le mouvement de la balançoire reprend toujours au même endroit. Ce mouvement perpétuel est quelque peu hypnotisant, rajouté à l'évolution des feuilles.


Vient ensuite deux œuvres que je vais analyser en parallèle car elles soulèvent dans ma tête les même questions. Il s'agit de l'œuvre de Gilles Balmet et celle de Jòzef Robakowski. La première est un montage où l'artiste alterne des photos et des croquis issus de ces photos. C'est dans cet ordre là que s'est effectué le processus artistique, et pourtant dans son montage, Gilles Balmet place ses croquis juste avant. Cette façon de monter nous influence quant au déroulement de la scène. Est que l'artiste s'est inspiré de ces photos pour dessiné ? Ou est ce que se sont ses croquis ( ressemblant fortement à une story-board ) qui ont servis de scénario pour créer cette fiction ? D'autant plus que ce n'est pas une scène anodine que nous pourrions voir tous les jours. Pour a deuxième œuvre, il s'agit d'un vidéo filmée au long de plusieurs années par l'artiste toujours de sa fenêtre. Il filme toujours la grande place bétonnée en face de chez lui. Il s'intéresse toujours aux gens qui y passent, les scènes ici filmées sont beaucoup plus communes que celle de l'œuvre précédente, un homme qui promène son chien, une femme allant faire ses courses, le défilé du 1er mai, un homme se garant, un autre rentrant du travail. Le plus frappant dans cette vidéo est la façon dont il parle des gens ( il commente au fur et à mesure son film ), il nous donne l'impression de connaître tout le monde et surtout tous les détails de leur vie privée. C'est d'autant plus étrange habite dans une des première tours d'habitation de Lodz et par conséquent les flux sur cette place sont très importants. Comment fait il pour connaître aussi bien toutes ces personnes ? Comme dans l'œuvre de Balmet, ce qui m'a le plus frappé dans cette vidéo c'est d'essayer de trouver dans quel ordre s'est-elle faite. A t'il filmé des gens qu'il trouvé intéressants et a t'il cherché a se renseigner sur eux après coup ? Où contrairement à ce que l'on pourrait croire connaît t'il vraiment la vie de toutes ces personnes? Peut-être qu'il y a entre lui et nous un décalage d'éducation et surtout d'époque et que c'est ce décalage qui me choque. Et une fois ces questions posées je ne sais même pas quel ordre me semble le moins "dérangeant". Est-ce que tout le film s'est fait en tourné-monté, dès que l'artiste a aperçu un voisin intéressant mais qu'il ne connaissait pas et qu'il s'est mis à le filmer et s'est-il renseigner sur lui par la suite? A t'il filmé uniquement les gens qu'il connaissait comme pourrait nous faire croire sa phrase "voici un jeune étudiant, mais il ne m'intéresse pas, je préfère parler de mon voisin qui arrive "? Ou a t'il totalement tout inventer sur la prétendue vie de ses voisins ? Voici qui nous ramène toujours au même question, l'artiste a le pouvoir de nous faire croire tout ce qu'il veut en fonction de la façon dont il monte son œuvre. C'est cette "crédulité" du spectateur sur laquelle je voudrais travailler.

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